Le 28 novembre 2009, à
l’occasion de la Foire Internationale du Livre Gaudeamus,
l’Ambassade de France en Roumanie a rassemblé auteurs et
éditeurs autour d’une table ronde sur la littérature
jeunesse : Anne Bouteloup, Ed. Gallimard Jeunesse, Simona Răuţă,
Ed. Vellant, Igor Mocanu, Ed. Cartier, et Alina Darian, Ed. Soarele
şi Luna, en tant que modérateur.
Anne Bouteloup nous a présenté
la situation en France où la littérature jeunesse est
devenue une priorité pour les éditeurs. Chez Gallimard,
le département jeunesse représente 25% des ventes. Dès
la création de la maison d’édition il y a eu une
volonté de publier des livres pour la jeunesse. Les
collections ont évolué depuis les premiers titres parus
en 1919 et elles couvrent aujourd’hui toutes les tranches d’âge,
de la petite enfance, avec des albums et des livres documentaires,
jusqu’à la littérature pour adolescents qui est
devenue une catégorie de « cross-over »
– les adultes lisent eux aussi les romans destinés aux
adolescents. La culture de l’image tient une place importante en
France. Il y a beaucoup d’écoles d’art, d’illustrateurs
et, depuis l’école maternelle, l’éducation à
l’art est une priorité. Ce qui se reflète dans la
production de livres pour la jeunesse – 6000 titres par an publiés
en France.
L’évolution rapide de l’album
en France est liée au besoin de répétition pour
l’apprentissage des enfants. « Un album de trente pages
est aussi important pour un enfant qu’un livre de cent cinquante
pages, nous confie Anne Bouteloup. Il y retrouve un univers qu’il
reconnaît à travers les images et ne se lasse pas
d’entendre la même histoire. En Europe de l’Est, il y a une
carence du côté de l’album car les gens recherchent
des recueils de contes, à tort. C’est le même
phénomène à Bucarest qu’ à Budapest ou
à Prague. »
à notre question « D’où
vient le succès de Gallimard Jeunesse ? »,
Anne Bouteloup nous a présenté les quelques ingrédients
qui y ont contribué. Le fondateur de Gallimard Jeunesse
désirait rendre abordable le savoir, la culture. Ainsi sont
nées les collections documentaires et collections de
littérature au format poche – Folio Junior, Folio Cadet,
Folio Benjamin. Quant au moment où le livre pour la jeunesse a
complètement changé en France, « c’est
après Harry Potter. Les trois premiers tomes ont été
publiés en format poche mais avec le succès de la
série, sous la pression de l’agent de J.K.Rowling, nous
avons été obligés de publier les tomes suivants
en grand format. Tous les éditeurs ont suivi. C’est ainsi
que les auteurs français se sont décomplexés et
se sont lancés, ce qui a donné de très beaux
ouvrages de littérature de jeunesse. »
Pour revenir à la situation en
Roumanie, nous avons invité Igor Mocanu des éditions
Cartier à présenter leurs collections pour la
jeunesse : « Cartier privilégie le genre
documentaire, même si pour l’instant il s’agit de
traductions avec les illustrations originales choisies par les
éditeurs étrangers, comme La Martinière.»
Puis Simona Răuţă des éditions Vellant a présenté
sa démarche éditoriale, singulière sur le marché
roumain : « Nous adorons le livre illustré. En
traduisant Princesses, publié en France par
Gautier-Languereau, Vellant a essayé dès le début
de soigner les images. Princesses est un livre cher pour le marché
roumain, mais ce fut un grand succès. » Vellant
publie des albums pour la jeunesse traduits de l’anglais ou du
français. Pour l’instant il n’y a pas de création
originale dans leur catalogue.
Alors que nous abordons le sujet de la
création originale, Anne Bouteloup remarque qu’il y a une
différence entre les petites maisons d’édition
françaises et celles roumaines. Des maisons d’édition
comme le Rouergue, ont débuté en France avec de la
création, pas de la traduction. Pourtant en Roumanie en 2007
est apparue la première maison d’édition d’auteur.
J’ai créé les éditions Soarele şi Luna (Le
Soleil et la Lune) en 2007 pour pouvoir publier des histoires
originales en format album, en même temps que Vellant lançait
son livre Princesses. Le Prince du Royaume de Verre a été
publié en 2007 avec des illustrations d’Irina Dobrescu et Le
Dragon qui aimait le thé en 2008, avec des illustrations de
Mariano Epelbaum.
Le premier livre a eu du succès
auprès du public à la foire du livre Gaudeamus 2007 et,
par la suite, a été découvert par la critique et
la presse roumaines lorsqu’il a été sélectionné
par la Bibliothèque nationale de France pour représenter
la Roumanie dans l’exposition « Le Tour d’Europe en 27
livres d’images » en octobre 2008. Ce qui prouve qu’une
reconnaissance à un certain niveau à l’étranger
est tout de même nécessaire pour faire le succès
d’un livre ou d’un auteur roumain.
En 2007-2008, le public a vu quelques
parutions originales chez Corint Junior - Les aventures d’Arik par
Ioana Nicolae ou, chez Nemi, Le jour où le sommeil s’est
enfui par Victoria Pătraşcu et L’histoire d’un grain de sable
par Ana Maria Lembrau. Chaque parution originale est un événement
mais les livres n’ont pas assez de promotion pour attirer les
lecteurs.
A l’initiative de Florin Bican,
écrivain et traducteur, et du Club des Illustrateurs, un
recueil d’histoires pour la jeunesse illustré vient de
paraître en Roumanie – « Bookătăria »
– comme le signal qu’une nouvelle génération de
créateurs est née et essaye de renouer avec la
tradition littéraire et artistique du livre de jeunesse
d’avant 1989. Les contacts qui se créent à travers
les associations professionnelles et à travers les foires
internationales ont fait progresser ce domaine lors des trois
dernières années. Ce sera finalement le jeune public
lui-même qui sera la véritable force de changement, car
les enfants ont besoin de nouvelles histoires qui reflètent
leurs rêves et leurs problèmes plus que ceux des
générations passées.
Pe 28 noiembrie 2009, cu ocazia
Tîrgului Internaţional de Carte Gaudeamus, Ambasada Franţei
în România a reunit mai mulţi autori şi editori pentru
o dezbatere pe tema literaturii pentru copii: Anne Bouteloup (Editura
Gallimard Jeunesse), Simona Răuţă (Editura Vellant), Igor Mocanu
(Editura Cartier) şi Alina Darian (Editura Soarele şi Luna), în
calitate de moderator.
Anne Bouteloup ne-a prezentat situaţia
din Franţa, unde literatura pentru copii a devenit o prioritate
pentru editori. La Gallimard, departamentul de carte pentru copii
aduce 25% din vînzări. Încă de la crearea editurii s-a
luat hotărîrea de a publica literatură pentru copii.
Colecţiile au evoluat semnificativ de la primele titluri apărute în
1919, acoperind astăzi toate categoriile de vîrstă, de la
cărţile pentru copii de 3-4 ani (albume şi enciclopedii), pînă
la literatura pentru adolescenţi care a devenit o categorie de
„cross-over“ – adulţii citind şi ei romanele destinate
adolescenţilor. Cultura vizuală deţine un loc important în
Franţa. Sînt numeroase şcoli de artă şi de ilustraţie,
încă de la grădiniţă educaţia artistică fiind o
prioritate. Toate acestea se reflectă în producţia de carte
pentru copii – 6.000 de titluri pe an publicate în Franţa.
Evoluţia rapidă a cărţii ilustrate
(album) în Franţa a fost legată de nevoia de repetiţie în
educarea copiilor. „Un album de treizeci de pagini este la fel de
important ca un roman de o sută cincizeci de pagini pentru un copil,
spune Anne Bouteloup. Întîlneşte acolo un univers pe
care îl recunoaşte prin intermediul ilustraţiilor şi nu se
satură să audă mereu aceeaşi poveste. În Europa de Est
există o carenţă în privinţa cărţii ilustrate pentru că
părinţii caută culegeri de basme, din păcate. Este acelaşi
fenomen la Bucureşti, la Budapesta sau la Praga.“
Fiind întrebată „Cum se
explică succesul lui Gallimard Jeunesse?“, Anne Bouteloup ne-a
prezentat cîteva dintre ingredientele care au contribuit la
acest succes. Fondatorul Editurii Gallimard Jeunesse dorea să facă
accesibile cunoaşterea şi cultura. Astfel au apărut colecţiile
enciclopedice şi colecţiile de literatură în format de
buzunar – Folio Junior, Folio Cadet, Folio Benjamin. Momentul în
care cartea pentru copii s-a schimbat radical în Franţa „a
fost după apariţia lui Harry Potter. Primele trei volume au fost
publicate în format de buzunar, dar, odată cu succesul seriei,
presaţi de agentul lui J.K. Rowling, am fost obligaţi să publicăm
următoarele volume în format mare. Astfel, autorii francezi au
scăpat de complexele legate de literatura pentru copii şi s-au
încumetat să scrie, ceea ce a dat naştere unor opere foarte
frumoase“.
Revenind la situaţia din România,
l-am invitat pe Igor Mocanu de la Editura Cartier să prezinte
colecţiile lor pentru copii: „Cartier acordă o mare importanţă
genului enciclopedic, chiar dacă deocamdată este vorba de traduceri
cu ilustraţii originale alese de editorii străini, cum este La
Martinière“. Apoi Simona Răuţă de la Editura Vellant a
prezentat demersul său editorial, deosebit pentru piaţa românească:
„Iubim cartea ilustrată. Traducînd Prinţese, publicată
în Franţa de Gautier-Languereau, Vellant a încercat de
la început să dea valoare ilustraţiilor. Prinţese este o
carte scumpă pentru piaţa românească, dar a fost un mare
succes“. Vellant publică albume pentru copii traduse din engleză
sau din franceză. Deocamdată nu există creaţie originală
românească în catalogul lor.
Pentru că am abordat subiectul
creaţiei originale, Anne Bouteloup a observat că există o
diferenţă între editurile mici din Franţa şi cele din
România. Edituri ca Le Rouergue au debutat în Franţa cu
creaţie, nu cu traduceri. Totuşi, în România, în
2007, a apărut prima editură de autor. Am creat Editura Soarele şi
Luna în 2007 pentru a putea publica poveştile mele în
format de album. Cartea Prinţul în palatul de sticlă a fost
publicată în 2007, cu ilustraţii de Irina Dobrescu, şi
Dragonul care iubea ceaiul în 2008, cu ilustraţii de Mariano
Epelbaum. Prima carte a avut succes de public, la Gaudeamus 2007,
fiind descoperită de critica şi de presa românească abia
după ce a fost selecţionată de către Biblioteca naţională a
Franţei să reprezinte România în expoziţia Turul
Europei în 27 de cărţi ilustrate, în octombrie 2008.
Ceea ce arată că recunoaşterea la un anumit nivel în
străinătate este totuşi necesară pentru a asigura succesul unei
cărţi sau al unui autor român.
În 2007-2008, publicul s-a putut
bucura de cîteva apariţii originale la Corint Junior –
Aventurile lui Arik de Ioana Nicolae – sau la Nemira – Ziua în
care a fugit somnul de Victoria Pătraşcu sau Aventurile unui fir de
nisip de Ana Maria Lembrău. Fiecare apariţie originală este un
eveniment, dar cărţile nu sînt suficient promovate pentru a
atrage cititorii.
La iniţiativa lui Florin Bican,
scriitor şi traducător, şi a Clubului Ilustratorilor, o antologie
de poveşti ilustrate pentru copii a apărut recent în România.
„Bookătăria“ este un semnal că s-a născut o nouă generaţie
de creatori, care încearcă să reînnoade legătura cu
tradiţia literară şi artistică a cărţii pentru copii dinainte
de 1989. Eforturile asociaţiilor profesionale şi legăturile create
la tîrgurile internaţionale au făcut să progreseze acest
domeniu în ultimii trei ani. Pînă la urmă publicul
tînăr va fi adevărata forţă de schimbare. Copiii au nevoie
de poveşti noi care să reflecte visele şi problemele lor mai mult
decît pe cele ale generaţiilor trecute.