Nr. 625 din 25.05.2012

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Acasa   |   Arhiva   |   2009   |   Decembrie   |   Numarul 504   |   Les livres ne sont pas des patates !

Les livres ne sont pas des patates !

Cărţile nu sînt cartofi

Autor: Alexandru MATEI | Categoria: | 0 comentarii
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Le débat « Le livre en crise », organisé par l’Ambassade de France le premier jour de la Foire du livre Gaudeamus de Bucarest, a vu se déployer un discours posé et analytique de la part des intervenants français et un discours plus pesimistes, ponctué de questions de la part des invités roumains. Ludovic Escande, des éditions Gallimard, Christine Ferrand, rédactrice en chef de la revue hebdomadaire Livres Hebdo, Bérénice Guidat, de CulturesFrance, l’opérateur délégué des ministères des Affaires Etrangères et Européennes et de la Culture et de la Communication pour les échanges culturels internationaux, et Jean-Luc Outers, écrivain belge et responsable du Service des Lettres et du Livre au Ministère de la Culture de la Communauté Française de Belgique, ont été les représentants occidentaux de langue française lors de ce débat. Les Roumains, moins nombreux, ont été le directeur exécutif des éditions Vellant, Dan Plesa, la poétesse et journaliste Doina Ioanid et moi-même, en tant que représentant de la maison Romania Press et coordinateur d’une collection de théorie littéraire qui vient d’être mise en place dans la même maison. Sidonie Mézaize, du Bureau du Livre de l’Ambassade de France en Roumanie, a veillé à ce que tout ce projet se réalise dans les meilleures des conditions.
 
Ludovic Escande et Christine Ferrand ont remarqué qu’en France, la « crise du livre » est plutôt une expression journalistique, puisque non seulement les livres se vendent bien (le panier d’achats individuel a baissé en 2009 d’un euro par rapport à 2008, de 18 à 17 euros, soit une baisse à peine saisissable), mais leur circulation en société reste très active. Toutefois, les invités français ont pu constater un changement important dans l’image des livres dans les médias. Des émissions comme Apostrophes et Bouillons de culture, disparues, ont été remplacées par des programmes de divertissement culturel où le livre a certes sa place, mais où il ne règne plus. Le temps imparti au livre s’y trouve diminué et fragmenté. Cette observation a rebondi sur l’absence de « divertissement culturel » en Roumanie, où le décalage discursif entre les lettrés (qu’ils soient critiques, écrivains ou éditeurs) et les « stars » tout public est encore trop grand pour que l’on puisse penser à en déduire une moyenne. Cela fait que les producteurs d’émissions de divertissement roumains ne font pas généralement appel aux écrivains et leur statut médiatique en pâtit.
 
Ainsi Jean-Luc Outers propose-t-il l’élargissement de la diffusion de la littérature vers la radio, qui engendre une perception du livre différente par rapport à celle télévisuelle. De son côté, Christine Ferrand a fait le constat du rôle prédominant des libraires et des librairies dans la diffusion du livre, dans un paysage médiatique où la culture livresque se retrouve d’une manière plus trouble et dynamique qu’il y a vingt ans. Ce sont eux qui nouent les liens si importants entre un public lecteur en désarroi, d’une part, et les éditeurs ainsi que les écrivains, de l’autre, qui trouvent de cette façon l’occasion d’orienter et de faire passer un message difficile à recevoir par l’entremise des médias. Les librairies françaises sont en fait des lieux de médiation qui ne fonctionnent pas comme des espaces mis à la disposition des éditeurs, mais qui mettent en place et élaborent elles-mêmes un programme de manifestations qui contribue à faire de chaque librairie (ou chaîne de librairies) une marque reconnue et attire un public fidèle. On a pu regretter ainsi le manque de visibilité et de professionnalisation des librairies en Roumanie, où ce métier est en voie de disparition. Peu de librairies peuvent se vanter d’être un endroit commercial et culturel agréable, différent et professionnel – et celles qui organisent des événements attendent toujours les initiatives des éditeurs pour ouvrir leur espace aux rencontres, débats, lancements. Doina Ioanid a également remarqué que les maisons d’édition ne se font pas toujours un point d’honneur à promouvoir les écrivains et que ce travail incombe de fait plutôt à l’écrivain lui-même. Il serait d’ailleurs très improbable que les maisons roumaines, avec un personnel toujours insuffisant, arrivent à en faire davantage pour leurs auteurs. Et l’absence d’une bonne circulation du livre mène à un paradoxe comme celui relevé par Christine Ferrand qui dit avoir remarqué avec surprise, durant la Foire du livre, qu’une maison d’édition avait imprimé sur un bandeau « best-seller » pour un livre vendu à quelque vingt mille exemplaires. Alors qu’en France, un livre ne peut prétendre à ce titre de best-seller que si les ventes dépassent des centaines de milliers d’exemplaires vendus.
 

Je ne voudrais pas laisser de côté l’intervention de Dan Plesa qui a déploré avant tout les dysfonctionnements dans le circuit roumain du livre, où le distributeur tarde indéfiniment à rembourser l’éditeur après la vente de ses livres. Questionné par Ludovic Escande sur ce qui motive tout de même son travail éditorial, il reconnaît qu’en Roumanie il y a une demande constante de bons livres dans tous les domaines. Mais le public n’a ni la possibilité ni la motivation de formuler des demandes spécifiques, il est presque toujours convié à partager le gôut de tout le monde, car les éditeurs ne veulent investir que dans la quantité. Cette inertie du commercial facile dérobe le livre aux yeux du lecteur plutôt qu’elle ne le lui montre, ou bien lui présente un objet de consommation beau, mais dépourvu de vie. Les livres, comme quelqu’un l’a dit pendant le débat, ne sont pas des patates. L’acheteur de livres est différent du client d’autres produits et le commerce du livre devrait se démarquer davantage, aussi bien en aval, vers le client qui peut être formé et encouragé à devenir un lecteur assidu, qu’en amont, du côté des éditeurs et des distributeurs qui doivent prendre le temps de contribuer ensemble à construire une nouvelle sociabilité du livre, différente de celle disparue lors des années 1990 et de l’époque communiste, mais qui se sépare également de la tendance à la grande consommation.

 

 

Dezbaterea „Cartea în criză“ a avut parte de un discurs analitic şi calm dinspre vorbitorii francezi, şi de unul cu ceva mai mult patos şi mai multe întrebări, al românilor. Ludovic Escande, editor Gallimard, Christine Ferrand, redactor-şef adjunct al revistei Livres Hebdo, Bérénice Guidat, de la Cultures France, operatorul programului de finanţare a traducerilor româneşti din limba franceză şi Jean-Luc Outers, scriitor belgian şi responsabil al Service des Lettres et du Livre la Ministerul Culturii al Comunităţii Franceze din Belgia, au fost reprezentanţii occidentali ai acestei dezbateri. Românii prezenţi, mai puţini, au fost editorul Dan Pleşa, director executiv la Editura Vellant, Doina Ioanid şi cu subsemnatul, în calitate şi de reprezentant al Editurii România Press (unde am demarat o colecţie de teorie franceză intitulată „Teorii de azi“, în care au apărut sau vor apărea William Marx, Roger Chartier, Christophe Charle şi Jacques Rancière). A asistat, desigur, tînăra şi foarte activa responsabilă a Biroului de Carte de la Serviciile Culturale Franceze, Sidonie Mezaize.
 
Conform lui Christine Ferrand, în Franţa criza cărţii este, se pare, o sintagmă fără suport. Nu doar pentru că se vînd multe cărţi, dar şi pentru că circulaţia socială a cărţii n-a încetinit nicicînd. Coşul cumpărătorului de carte din librăriile franceze a scăzut, din 2008 în 2009, numai cu 1 euro (de la 18 la 17). Există însă şi motive de nemulţumire. Ele ţin de schimbarea imaginii cărţii în media. Emisiuni ca Apostrophes şi Bouillon de culture, ale lui Bernard Pivot, au dispărut, fiind înlocuite de altele, de divertisment cultural, în care scriitorii apar alături de alte vedete mediatice. Astfel, timpul alocat cărţii scade şi se fragmentează. Putem constata, astfel, că prezenţa literaturii într-o emisiune de divertisment este o şansă imposibil de concretizat la noi, din cauza mai ales a unui decalaj de discurs între literaţi (scriitori, critici, editori) şi vedetele în general invitate în emisiuni de divertisment. Acest decalaj, greu de redus la un numitor comun, face ca producătorii TV să apeleze rareori la scriitori, pentru a nu-şi diminua audienţa.
 
De aceea, Jean-Luc Outers propunea extinderea difuzării radiofonice a literaturii. Radioul solicită un alt tip de atenţie, continuă, care poate înregistra mult mai bine informaţia culturală. Numai că, şi în acest caz, în România, publicul care ascultă radioul pentru altceva decît muzică şi ştiri este foarte redus. Tot Christine Ferrand a constatat, vorbind despre cîmpul literar francez, rolul foarte important, în acest peisaj cultural contemporan mult mai dinamic şi deci mai difuz decît în urmă cu douăzeci de ani, al librarilor şi al librăriilor. Ele sînt cele care asigură o legătură extrem de importantă, între publicul cititor de multe ori dezorientat, şi editorii de carte, împreună cu scriitorii, care au astfel ocazia să-şi orienteze şi să transmită mesajul greu de receptat prin canalele mediatice tradiţionale. Librăriile franceze sînt, de fapt, locuri de mediere, care nu funcţionează conform cererii editorilor, ci care concep şi pun ele însele în aplicare un program de manifestări care să le individualizeze şi prin care să fidelizeze public. Dezvoltarea unor reţele de librării profesioniste, cu personal avizat şi cu idei noi de comunicare a ofertelor, pare să fie prioritatea numărul unu a îmbunătăţirii circuitului cărţii în România. Doina Ioanid a remarcat apoi că nici editurile nu excelează în activitatea de promovare a scriitorilor şi că, adesea, aceasta îi revine chiar scriitorului în cauză. De altfel, ar fi şi greu ca editurile, cu personal mereu insuficient pentru toate proiectele intenţionate, să facă mai mult. Editurile româneşti vor, în primul rînd, să cîştige şi abia apoi (doar că rîndul acestui apoi e mereu amînat) să orienteze, să formeze şi să fidelizeze publicul. Asta face ca – observa din nou Christine Ferrand – editurile româneşti să considere bestseller o carte vîndută în 20.000 de exemplare, în vreme ce, în Franţa, eticheta nu poate fi pusă decît pe titluri care se vînd măcar de 10-20 de ori mai bine.
 

N-aş vrea să omit discursul lui Dan Pleşa, care s-a plîns în primul rînd de disfuncţiile circuitului românesc al cărţii, în care distribuitorul întîrzie foarte mult plăţile către editor, ca să nu mai vorbim despre comisioanele mari pe care le percepe. Desigur, toată lumea recunoaşte că există, în România, o cerere de carte bună, de carte de calitate în toate domeniile. Numai că publicul acesta nu are nici posibilitatea, nici motivaţia de a formula cereri în sensul dorinţelor lui adresate pieţii de carte din România. Proiectul de reformare – pentru că tot e la modă termenul – a publicului cititor românesc nu trebuie să aibă în vedere schimbări rapide şi spectaculoase în sensul lucrativ al cuvîntului. Însă în România domneşte, din partea editorului, a librarului şi a mediei, o inerţie a comercialului facil care ascunde cartea de ochii cumpărătorului sau, dacă o arată, o prezintă ca pe un obiect de consum frumos ambalat, dar lipsit de viaţă. Aşa cum bine spunea cineva în cadrul dezbaterii, cărţile nu sînt cartofi. Pentru a vinde cărţi, nu e suficient un mall şi neoane puternice. Fie şi pentru că, astfel, reduci cartea la un obiect de divertisment scos de sub influenţa oricărei tradiţii. Nu e important să ştii să vinzi Dan Brown, ca librar, ci să faci în aşa fel încît o carte fără potenţial comercial puternic să ajungă în mîinile celor cărora le este destinată. Ceea ce înseamnă să respecţi, în primul rînd, diversitatea cererilor culturale, mai subtile fără îndoială decît cele culinare.


Versiunea în limba franceză reprezintă o traducere adaptată a acestui text

 


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Etichete:  franta gaudeamus, gaudemus 2009
 
 
 
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