Littérature
A l’Institut culturel roumain, le poète americain d’origine roumaine Andrei CODRESCU a présenté ses dernières parutions en roumain : L’Instrument noir (poésies), Il était aujourd’hui (poésies) et le roman Casanova en Bohêmie. Né à Sibiu en 1946, Andrei Perlmutter (de son vrai nom) a débuté comme poète sous le pseudonyme de Andrei Steiu. En 1966, il quitte la Roumanie pour les Etats-Unis. Depuis quelques années, il a une émission radiodiffusée par la « National Public Radio », qui l’a rendu célèbre dans toute l’Amérique du Nord. Parmi ses livres importants (publiés en américain) : The Blood Countess, Messiah, Wakefield.
Evénement
A l’occasion du quadruple centenaire de la première parution de Don Quichotte de Cervantès, un colloque international aura lieu a l’Institut culturel roumain. Parmi les invités étranger : Joseph Pérez, de l’Université Bordeaux III, Jean Canavaggio de l’Université Paris X Nanterre, Bartolomé Bennassar de l’Université de Toulouse Le Mirail et Antonio Bonet Correa de l’Académie de Beaux-Arts San Fernando de Madrid.
Actualité internationale: sur Hemingway et Dos Passos devant l’histoire du XXe siècle. Les intellectuels entre la vérité affirmée et la vérité cachée
Radu SURDULESCU, spécialiste en littératures anglaise et americaine, écrit un essai sur une pièce de théâtre de Ben Pleasants : La Guerre Hemingway-Don Passos (jouée pour la première fois a « Al’s National Theatre » de Los Angeles, en 1995). Ben Pleasants se déclare « anarchiste », « totalement contre l’Etat ». « Toujours préoccupé par les immixtions du pouvoir politique dans le monde de la création et de l’art, Pleasants a subi un choc lorsqu’il a appris que le fameux Comité pour les Activités Anti-Américaines de la Chambre des Représentants, dirigé au début de la sixième décennie par le sénateur Joe McCarthy (anti-communiste et anti-sovietique) avait été en effet crée par le Congrès américain dans les années 1930, pour mettre en jugement les Américains pro-nazis et avait joui d’un soutien explicite venu de la part de quelques écrivains pro-staliniens, tel Lillian Hellman qui, par la suite, allait carrément dénoncer l’existence et l’activité du Comité. » C’est la séparation d’entre la vérité historique cachée et celle que les personnalites publiques allèguent comme justification de leurs prises de position que dénonce le dramaturge.
«Dans le prologue de la pièce, John Dos Passos, journaliste et romancier notoire, énonce le thème central du texte – le mystère du rapport entre ce qui est de fait authentique dans n’importe quelle œuvre et ce qui y est fabriqué, inventé: ‘ Parfois, les plus importantes informations connues par l’écrivain… sont laissées de côté. Expressément. Puisqu’elles peuvent entraîner des soucis. Puisqu’elles sont incommodes, elles échappent au contrôle. Et la vérité ‘vraie’ se dissout lorsque certaines choses sont omises à dessein. » En ce qui concerne le personnage de Hemingway, Radu Surdulescu constate que « si nous acceptons que le personnage Hemingway ne diffère pas radicalement de l’écrivain, quelles sont les retombées pour les oeuvres qu’il a écrites après sa participation controversée au tournage du film sur la guerre civile espagnole ? Une approche biographique-psychanalytique nous démontre que la diminution progressive de l’impact de ses écrits et l’affaissement de son succès auprès la critique (malgré son Nobel) ont partie liée a la détérioration du rapport entre son moi créateur et la vérité cachée dont il a été déjà sujet. Par exemple, le roman For Whom The Bells Toll, consacré aux événements de l’Espagne, se ressent à cause de l’artificialité de l’intrigue, de l’incohérence caractérologique, au verbiage du dialogue, qui atteint parfois l’absurde.»

