Editorial
Carmen Musat parle, dans son éditorial, du phénomène de la dissidence à l’époque du communisme roumain, réflexion déterminée par la récente apparition et prise de position publique d’une importante figure de la dissidence roumaine : Doina Cornea. La critique de la politique menée par le président Basescu – faite par Doinea Cornea – a donné naissance à de vives réactions de la part non seulement des anciens communistes, convertis à la démocratie, mais en général de la part des admirateurs non-conditionnés du président roumain : « Les critiques répétées à l’adresse du président sont, évidemment, un coup dur pour les apologètes non-conditionnés de celui-là, d’autant plus que Doina Cornea – qui ne s’est jamais trompée dans ses jugements moraux – refuse de se laisser trompée par la démagogie et le populisme de l’actuel chef de l’Etat. Carmen Musat condamne le manque de considération, la tentative de minimaliser le courage réel des authentiques dissidents (si peu nombreux en Roumanie par rapport aux autres états communistes de l’Europe de l’Est), de même que l’imposture de ceux qui se proclament post bellum des dissidents.
Politique
Bedros Horasangian critique la Motion de censure déposée par PSD (le Parti Social-Démocrat) contre le Gouvernement et plus généralement les manoeuvres démagogiques, les jeux de coulisses dévoilés par cette action. Le commentateur ironise également Emil Boc, le président du PD (Parti Démocrat, le parti d’où vient Traian Basescu), qui a proposé de faire publique le vote pour la motion, et Traian Basescu : « Boc, Boc, Boc ! – on regarde toutes les variantes possibles et on ne voit personne et rien, sauf Traian Basescu, qui reste toujours l’élu numéro un de la Nation ».
Ciprian Ciucu critique, lui, le ministre de la Justice, Tudor Chiuariu, qui a accusé d’intérêts voisins de la corruption les organismes mêmes qui s’occupent de l’évaluation des politiques anticorruption du Gouvernement de la Roumanie. Et cela dans le contexte où il est, lui-même, enqueté par DNA (la Direction Nationale Anticorruption).
Actualité
Constantin Hostiuc parle de l’exposition d’art des frères Adrian et Nicu Ilfoveanu, deux jeunes artistes qui exposent au Club du Musée du Paysan Roumain (Eva a trait la Plescoi, Eva a vécu à Plescoi) : « Tout d’abord mimer (et miner) le lieu commun : l’exposition semble reproduire une présentation de produit « traditionnel », mais culturellement elle propose en fait seulement une reprise en série du traditionnel », de sorte que le grand mérite de l’exposition consiste à réveiller l’intérêt affaibli des contemporains, de les réapprendre à s’émouvoir, à penser et à vivre leur vie d’un instant.
Florina Pirjol présente d’une façon polémique un colloque de littérature qui a lieu chaque année à Onesti, Les Journées de la Culture « G. Calinescu », dans le cadre duquel on a abordé, essentiellement, deux problèmes : comment s’écrit une histoire littéraire et le conflit entre les générations.
Littérature
Bianca Burta-Cernat fait la chronique littéraire du dernier livre du prosateur Daniel Vighi (Onoarea si onorariul. Eseu monografic, Ed. Cartea Romaneasca), une chronique favorable, convaincue de l’excellence artistique de l’écrivain déjà consacré : « Daniel Vighi conçoit son essai comme une prose d’idées dont le « conflit » illustre un thème central de l’éthique postmoderne : la tolérence en tant que principe sine qua non de l’existence sociale ».
Florin Irimia commente Povestirea cameristei par Margaret Atwood, traduit de l’englais par Monica Botez (Ed. Leda), un livre dans lequel il identifie ce qu’on appelle « l’écriture féminine », le corps qui s’écrit, un type d’écriture qui réapparaîtra ultérieurement dans un autre roman, Asasinul Orb.
Politologie
Ioana Paverman s’occupe de L’Opium des intellectuels, paru en roumain cette année, traduit du français par Adina Dinitoiu (Ed. Curtea Veche) : « L’Opium des intellectuels est en fait le désir même de déconstruire le mythe de la gauche, avec tout ce que celui-ci implique : parti infaillible, idéalisme et justice révolutionnaire, dialectique marxiste et déterminisme, fanatisme et fin de l’histoire ».
Polémiques
Dans la série de polémiques Caius Dobrescu-Ciprian Mihali, en marge du Rapport Vladimir Tismaneanu sur les résultats de la Commission présidentielle pour l’analyse de la dictature communiste en Roumanie, Caius Dobrescu a une nouvelle intervention. A la différence de Ciprian Mihali, qui considère que le Rapport est, peut-être, la dernière occasion pour la société roumaine de clarifier le communisme, Caius Dobrescu, qui croit dans les qualités de ce Rapport, écrit que celui-ci ne peut pas et ne se propose pas, si l’on est réalistes, de clore le débât sur le communisme. L’important, selon Caius Dobrescu, n’est pas « l’acte rituel » de cette clarification, mais le vrai fonctionnement de ce texte à l’intérieur du procès rituel.
L’Actualité internationale
Dana Enulescu présente la 64ème édition du plus ancien festival de film dans le monde, le Festival de Venise, Mostra (il y a 75 ans depuis sa naissance). Il a été une édition de bonne qualité, équilibrée entre le passé et le présent, une édition qui a réunit des cinéastes consacrés (v. l’hommage à Bertolucci) et de jeunes débutants.
Entretien
Cristian Cercel dialogue avec Stefan Sienerth, spécialiste dans les littératures régionales allemandes du Sud-Est de l’Europe, chercheur à l’Institut pour la Culture et l’Histoire Allemande du Sud-Est de l’Europe, né et ayant fait des études en Roumanie. Parmi les sujets de discussion : l’interaction entre l’espace roumain et allemand sur le plan littéraire, le groupe d’écrivains Aktionsgruppe Banat, les allemands du Sud-Est européen et les allemands de Roumanie, emigrés après 1989.
Arts
Théâtre
Iulia Popovici fait un « historique » du Théâtre Desant, un théâtre fait pendant deux ans par des artistes jeunes et qui s’intéresse à l’expériment, mais qui, à cause d’un problème de location, risque de fermer à long terme. Analyse des atouts et des défauts à ne pas répéter.
Film
A l’invitation de l’Institut Polonais de Bucarest, Mihai Fulger a été en Pologne et a eu l’occasion de connaître « une industrie cinématographique importante, qui a réussi de se retrouver elle-même après le communisme et la transition ».
Arts visuels
Maria-Magdalena Crisan écrit sur une exposition signée Silviu Oravitzan, ouverte à Sibiu. L’artiste est consacré, il a exposé le long des années dans de grandes galeries de l’Europe et il propose une œuvre authentique, traversée également par le souffle du « culte et de la culture ».
Musique
Anca Florea et Florian Baiculescu écrivent leurs dernières impressions sur le Festival « George Enescu », arrivé à sa fin. Beaucoup de concerts à l’Athénée roumain, beaucoup d’émotions, d’admiration, mais aussi des critiques ponctuelles de la part des deux commentateurs musicaux.
Multimédia
Ovidiu Draghia passe en revue les publications culturelles sur Internet les plus longèvives : présentation de Agora on-line, eleonardo, noinu.
Le Supplément
Est dédié, pour ce numéro, au Festival Européen de Poésie Sibiu/Hermannstadt, qui aura lieu entre 3-6 octobre 2007. Présentation des poètes participants, avec extraits de textes, programme du Festival, dialogue Ernest Wichner-Gabriel H. Decuble sur le Festival Européen de Poésie Sibiu).
Rubriques
Mihnea Blidariu, Tinar, caut politica/ Jeune homme, je cherche la politique
Matei Ferhat, Comentarii TV/ Commentaires TV
Liviu Ornea, Bifurcatii/ Bifurcations
Michael Finkenthal, Intersectii/ Carrefours
Lucia Simona Dinescu, Imagini virtuale/ Images virtuelles

